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Le crash de trop

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Drone Italie Thumb

Un crash de drone a eu lieu en Italie pendant les épreuves de la Coupe du monde de ski alpin à Madonna di Campiglio dans les Dolomites. La chute aurait pu blesser gravement le champion Autrichien Marcel Hirscher.

Cet incident a entraîné de la part de la FIS (Fédération Internationale de Ski) une interdiction des drones sur les compétitions, voici notre avis sur la question.

Un accident qui n'aurait jamais du avoir lieu

Nous n'allons pas développer à nouveau ce qu'il s'est passé, la presse a suffisamment fait ses choux gras sur la question en précisant parfois que le drone était piloté par un expert (sic).

Pour ceux qui n'ont pas encore vu les images, voici la vidéo de l'incident, ça vaut tous les discours du monde.

Le skieur a eu beaucoup de chance !

Ce drone n'a rien à foutre au dessus du tracé d'une course et encore moins à proximité du public. Lorsqu'on regarde l'intégralité de la course de Marcel Hirscher (disponible ici), on se rend compte de la densité du public autour de la piste et des conséquences possibles si le drone avait chuté au milieu (car il se déplaçait probablement au gré de "l'inspiration" de son pilote).

On observe également que sur la haut de la piste, il y a des zones dégagées qui auraient permis de faire voler ce drone en sécurité, à l'écart. Certes, il n'aurait pas pu produire d'images aériennes impressionnantes au dessus de la piste et/ou suivre le skieur (il existe des câbles pour ça), mais il aurait pu apporter certains points de vue intéressants sur la course, des vues d'ensemble.

En fait, c'est au niveau de l'organisation de la course que doit-être pensé et anticipé l'usage de tels moyens techniques, pour que les aménagements nécessaires soient faits afin de permettre un usage en sécurité.

La société qui opérait le drone n'avait rien d'un expert, même s'ils pilotent peut-être très bien dans l'absolu. Nous ne savons pas pour l'heure ce qui a provoqué le crash, le drone a chuté à la verticale avant de se désintrégrer sur la piste, on peut penser à une panne de batteries, mais peut-être qu'il a heurté un câble ou subit une défaillance électronique.

Le crash sur la piste n'est que la conséquence de l'incompétence de la société qui opérait le drone, car si ce drone s'était crashé au dessus d'une zone sécurisée à l'écart, personne n'en aurait parlé. Cela aurait été un simple incident de vol, géré au niveau d'une zone de dégagement et il n'y aurait eu aucune conséquence autre que pécuniaire pour le propriétaire de l'engin.

La législation italienne

Je vais être très clair, on se moque complètement de savoir si la législation Italienne permet de survoler du public. Pour ceux que ça intéresse, l'avocat Thierry Vallat semble indiquer que oui, mais ce n'est pas un vrai sujet.

La loi, c'est une chose, le bon sens, s'en est une autre !

Un drone qui évolue au dessus de tiers est dangereux, c'est valable dans tous les pays, quelle que soit leur législation. Certains se sont faits une spécialité d'aller voler dans des pays en voie de développement qui n'ont pas de législation (et ont sans doute d'autres problèmes à gérer) pour réaliser des images impressionnantes où ils se croient tout permis.

Ces gens ne font pas cela en France (de moins en moins en tout cas), mais là où ils estiment sans doute que la vie humaine vaut moins cher.

Ces gens qui se permettent tout et n'ont aucune limite (y compris et surtout les "professionnels") doivent savoir que ce qu'ils font est criminel. Même si une législation locale le tolère (ou ne l'interdit pas explicitement plutôt), le survol de tiers est une folie, ce qui s'est passé en Italie le démontre parfaitement.

Voilà, c'est notre point de vue sur la question, je sais qu'il est partagé par Jean Luc FORNIER d'Aerocampro, Jean DUMAZERT d'Alpha Drone 66 et que nous ne sommes quelques uns à partager cette vision.

Interdiction des drones sur les compétitions de ski

La conséquence inévitable de tout cela ? Une réaction à chaud de la FIS qui déclare subitement que désormais les drones seront interdits sur les compétitions de ski pour raisons de sécurité.

Crash de drone en Italie

Or, ce ne sont pas les drones qui devraient être interdits, mais les gens qui font n'importe quoi et font courir des risques aux autres. Les drones restent de merveilleux outils, et il est tout à fait possible de les utiliser à bon escient, en acceptant de se fixer des limites et de ne pas vouloir verser à tout prix dans le sensationnalisme.

Si demain il y a un accident pendant un concert, on interdira les drones sur les concerts ? Et si ça se produit en entreprise pendant un tournage institutionnel, on interdira les drones en entreprises ? Et ainsi de suite ?

Pour toutes ces raisons, les comportements à risques de quelques inconscients concernent tout le monde et il ne faut pas fermer les yeux. Car lorsque l'accident se produit, c'est l'ensemble d'une profession ou d'une communauté qui est pénalisée et nous n'entendons pas laisser partir en fumée sans rien faire des années d'efforts et des centaines de milliers d'euro d'investissements à cause de quelques fous dangereux qui ne respectent rien et/ou ne savent pas ce qu'ils font.

Nous sommes tout à fait disposés avec le concours de quelques confrères à démontrer à la Fédération Internationale de Ski, ainsi qu'à n'importe quelle autre fédération sportive, qu'il est tout à fait possible d'utiliser des drones en sécurité, avec une vraie valeur ajoutée pour la diffusion d'images des évènements.

C'est parfaitement possible sur des évènements majeurs, y compris planétaires comme les jeux Olympiques puisque cela s'est fait à Sochi en 2014 (la seule fois dans l'histoire des JO). C'est une société Française qui a réalisé cet exploit, elle pourra nous en parler en commentaires si elle le souhaite et/ou nous pourrons développer à la suite de cet article le cas échéant.

Encore faut-il accepter de consentir les efforts de préparation nécessaires, d'en payer le juste prix et de fixer des limites qui ne permettront pas de tout faire.

Qu'on se le dise, ce ne sont pas les drones qui sont dangereux, mais les gens qui sont aux commandes, exactement comme pour les voitures.