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Une Fédération défend les intérêts de ses membres

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Fpdc

La Fédération Professionnelle du Drone Civil a beau être jeune, elle n'en est pas moins indispensable, nous allons expliquer pourquoi.

C'est le dernier rempart pour défendre les intérêts de ses membres avec le maximum d'impartialité.

 

Mise en garde

Cet article n'est plus d'actualité en raison de certains dysfonctionnements autocratiques observés dans le fonctionnement de cette Fédération. S'il est utile de nous regrouper pour défendre les intérêts de la filière, cela doit être fait au nom de l'intérêt général dans la plus totale transparence et non au profit de quelques-uns.

Nous avons fait le choix de ne pas renouveler notre adhésion au sein de cet organe non représentatif où toutes les décisions se prennent sans consultation des membres cotisants, entre soi et par affinités.

Naissance d'une Fédération

Nous n'allons pas vous refaire l'historique, si vous vous intéressez au développement du drone civil en France, vous savez sans doute déjà tout. La FPDC (Fédération Professionnelle du Drone Civil) est une association régie par la loi de 1901 qui a été créée en juin 2013. La première assemblée générale qui a scellé son existence officielle s'est tenue le 04 novembre 2013 dans les salons de l'Aéroclub de France.

Ce fut l'occasion d'élire les membres du bureau, qui étaient également à l'origine du projet de création de cette Fédération :

  • Président : Emmanuel de Maistre (Président et co-fondateur de Redbird, opérateur) ;
  • Vice-Président : Francis Duruflé (Directeur Commercial d’Infotron, constructeur) ;
  • Trésorier : Benjamin Benharrosh (Directeur du Développement et co-fondateur de Delair-Tech, constructeur) ;
  • Secrétaire : Stéphane Morelli (Président d’Azurdrones, opérateur).

L’association regroupe les acteurs du secteur « drone » en France, en particulier les constructeurs et les opérateurs, mais également et de manière plus large les intervenants directement intéressés par le monde du drone civil : donneurs d’ordre et « clients finaux », autorités de tutelle, pôles de compétitivité, fournisseurs de composants, etc.

Pourquoi une Fédération professionnelle ?

La réponse est simple, pour défendre et représenter les intérêts d'une filière professionnelle, structurer un réseau national et devenir l'interlocuteur référent pour les pouvoirs publics.

Tous les grands secteurs économiques sont représentés par une ou plusieurs Fédérations qui mènent différentes actions telles que de la communication institutionnelle, des actions de lobbying auprès de l'administration pour défendre des intérêts économiques, la participation à des commissions de travail (formation, réglementation...), etc.

Certes, le drone civil est encore très jeune et il cherche encore sa voie pour devenir une industrie à part entière, mais le nombre d'opérateurs / constructeurs autorisés par la DGAC croît sans cesse.

Avec actuellement entre 400 et 500 entreprises autorisées DGAC, seuls 99 opérateurs, 12 constructeurs et 24 « autres membres » sont adhérents de cette jeune Fédération, à jour de leurs cotisations (en date du 11/02/2014), soit un total de 135 membres dont 111 opérationnels.

Les autres membres sont des personnes physiques ou morales, ayant un intérêt direct ou indirect dans le secteur des drones civils, comme par exemple des créateurs d'entreprises, des assureurs...

C'est insuffisant et incompréhensible quand on sait que les premières années seront décisives et que l'on connait les enjeux pour l'avenir de notre filière.

Comment fonctionne une Fédération Professionnelle ?

La FPDC est une association loi 1901, ce qui signifie qu'elle a un fonctionnement démocratique, avec des assemblées générales où ses membres possèdent un droit de vote et où chacun peut s'exprimer et faire entendre sa voix.

Les dirigeants d'une Fédération sont élus par les adhérents avec comme mandat d'œuvrer pour l'intérêt général. Si les adhérents s'estiment insatisfaits du travail de leurs représentants, ils peuvent alors renouveler tout ou partie des membres du bureau lors des élections suivantes.

C'est grâce à ce principe qu'existent les garanties d'impartialité que les adhérents sont en droit d'attendre. Chacun possède le même droit de vote et le nombre fait la force, petit ou gros. Ce n'est en aucun cas en boycottant les instances ou en ne renouvelant pas une adhésion que l'on marque un désaccord ou que l'on défend ses intérêts.

D'autre part, il faut veiller à conserver un certain équilibre au sein du bureau, dans le cas présent entre opérateurs et constructeurs, avec des opérateurs qui assemblent leurs machines (construction amateur).

Le poids des lobbies

Il est clair que les intérêts au sein d'une même corporation peuvent être très divergents et que les objectifs ne sont pas les mêmes entre ses différentes forces économiques en présence.

Il est également de notoriété publique que certains acteurs de la filière drone tentent d'influencer la réglementation à leur avantage, par le biais d'un lobbying actif auprès de l'administration, qui n'est a priori pas dupe puisqu'elle a confié les travaux de réflexion sur la réforme de la formation des télépilotes à la FPDC et pas à quelques-uns qui l'auraient souhaité et qui s'étaient auto-proclamés spécialistes en la matière.

Enfin, il est évident que d'une manière générale les grosses entreprises ont plus d'influence que les petites qui n'ont pas vraiment de moyens de faire entendre leur voix, sauf en unissant leurs forces. C'est justement le rôle d'une Fédération Professionnelle, de concilier au mieux les intérêts de tous, avec une certaine transparence et une certaine impartialité.

Or il se trouve que notre filière est composée essentiellement de petites structures, de 2 ou 3 salariés et qui individuellement ne pèsent pas lourd, raison de plus pour s'unir.

Pourquoi adhérer à la FPDC ?

Chacun d'entre nous devrait adhérer, même si vous ne comprenez pas toujours les choix ou les positions de la Fédération. Nous ne sommes pas toujours d'accord non plus, mais il est possible à chacun de faire entendre sa voix, d'ouvrir le dialogue et d'obtenir des avancées.

Pour les plus sceptiques, n'oubliez pas non plus que les membres du bureau prennent sur leur temps libre pour assumer cette charge, qui est importante. Il n'est pas rare de recevoir des emails de leur part en réponse à nos questions au milieu de la nuit.

Sachez que pour qu'une Fédération soit efficace, elle doit avoir des moyens financiers qui proviennent essentiellement de 3 sources : les cotisations de ses adhérents, des subventions publiques (je crois que la FPDC y travaille) et des mécènes qui financent en échange d'une visibilité et d'un réseau.

Avoir des moyens financiers signifie pour la FPDC la possibilité de recruter des salariés qualifiés, qui seront rémunérés pour travailler à temps complet sur les problématiques de la filière, contrairement aux représentants élus qui œuvrent bénévolement avec en contrepartie uniquement un défraiement et une certaine influence.

C'est une invitation à la réflexion que nous lançons à tous les opérateurs et constructeurs, notamment de taille modeste, pour s'impliquer dans les processus de décision et défendre le bien commun.

Quelles menaces pour la filière drone

Il faut être vigilant et bien comprendre ce qui potentiellement pourrait se produire... Sans prétendre en aucune manière détenir la vérité ou des informations cachées, voici quelques pistes de réflexion qui devraient achever de vous convaincre, quelles que soient vos activités :

  • Des tentatives pour faire interdire la construction amateur :
    Vous n'assemblez pas vos machines et vous ne vous sentez pas concerné ?
    Ou vous êtes constructeur avec une attestation de conception de type et vous ne vous sentez pas concerné ?
    Qu'arrivera-t-il lorsque pour d'obscures motivations sécuritaires non justifiées il deviendra obligatoire de faire certifier les drones de moins de 25 kg (un coût inabordable pour les petits constructeurs) et que les opérateurs devront les acheter à prix d'or auprès d'une oligopole ?
    Ce sera la mort de la filière telle que nous la connaissons aujourd'hui et les prestations deviendront inabordables pour les PME ;
  • La mise en place de freins administratifs pour les organismes de formation :
    Certaines « écoles » de formation rêveraient d'imposer une norme ISO ou on ne sait quelle autre cochonnerie administrative inutile et discriminante par la taille pour verrouiller l'accès au titre d'organisme de formation, s'attribuant ainsi la quasi exclusivité d'un marché juteux, captif et obligatoire pour tout candidat ;
  • Imposer "200" heures obligatoires (entendu en réunion) pour la formation des télépilotes :
    La conséquence serait de voir disparaître toutes les petites structures qui n'auraient plus les moyens de former leurs télépilotes (trop long et trop cher) ;
  • Subir une réglementation Européenne inéluctable :
    Avec le projet d'ouverture de l'espace aérien Européen prévu en 2016, la commission Européenne travaille actuellement sur une législation pour le drone civil. Rien n'est encore défini et cette réglementation sera utile pour les drones > 150 kg, mais il faut veiller à ce qu'elle ne devienne pas castratrice pour nos scénarios habituels (S1, S2 et S3) réservés essentiellement aux machines < 25 kg ;
  • Prendre le risque d'évolution réglementaires inadaptées :
    Qui d'autre qu'une fédération professionnelle peut présenter des projets de réforme justes et équilibrés, puisqu'ils émanent de ses membres ? Si personne ne se charge de collecter les informations de terrain pour les synthétiser et les faire remonter, c'est prendre le risque de nous voir imposer des règlementations malheureuses ;
  • N'avoir aucun retour d'informations de l'administration :
    Une fédération est un représentant officiel qui a accès à des documents de travail, des notifications (parfois des indiscrétions)... et à ce titre, elle peut anticiper les tendances, agir en amont et informer ses adhérents ;
  • Et tout ce que l'imagination des esprits tordus les plus prolifiques peut amener à produire de pire.

Une Fédération Professionnelle solide est le dernier rempart contre ces risques (liste non exhaustive), sans être pour autant une garantie absolue. C'est uniquement en nous tenant informés, en participant et en apportant tous notre contribution à la cause commune que nos entreprises pourrons s'épanouir. N'oubliez pas que les absents ont toujours tort.

Alors, toi le gaulois qui craint uniquement que le ciel ne te tombe sur la tête, méfie toi que ce ne soit pas plutôt tes drones qui tombent en désuétude... Et rejoins la Fédé pour faire entendre ta voix !

La responsabilité et les limites de chacun

Sans vouloir faire de leçons de morale à qui que ce soit car nous commettons tous des erreurs, nous voyons encore trop de vidéos de professionnels qui enfreignent délibérément les règles de l'air (survols de personnes, non respect des catégories machines, absence d'assurance...) avec des conséquences potentiellement dramatiques pour tous au premier accident sérieux.

Ne doutez pas que nos erreurs sont scrutées et qu'elles seront exploitées par nos détracteurs ou ceux qui font commerce de la peur et de la bêtise politique.

Soyons responsables, adoptons une démarche « commandant de bord » en faisant preuve de responsabilité, d'analyse des risques, de culture aéronautique (remontées de REX à la DGAC par exemple) et gardons à l'esprit que nous sommes observés et mis à l'épreuve.

Notre statut actuel est fragile et il faut plus que jamais faire bloc et s'auto responsabiliser pour éviter que la situation ne nous échappe.

Full disclosureCet article a été écrit par un EX membre de la Fédération Professionnelle du Drone Civil qui regrette d'avoir perdu son temps et son argent. Si vous partagez ces regrets, faites connaitre votre mécontentement.